Au-delà – Horacio Quiroga




Titre : Au-delà
Auteur : Horacio Quiroga
Genre : Littérature hispanique (Uruguay), Fantastique, horreur, amour, nouvelles
Édition : Métailié, Janvier 1993 (2013 pour la version numérique)
Format : Broché, grand format, 144 pages, existe au format ebook

Présentation de l\’éditeur :
Un conducteur de train rationalise sa folie en précipitant sa locomotive vers la mort, un ingénieur s\’approprie l\’image de la star de cinéma dont il est amoureux, une femme entend d\’étranges menaces. Dans ces récits solidement construits, l\’inquiétante étrangeté de
chaque détail, la présence inéluctable de la mort ou de la folie, le réalisme, sont d\’un fantastique ambigu et familier.


À propos de l\’auteur :
Horacio Quiroga naît à Salto Oriental en Uruguay en 1878 et se suicide à Buenos Aires en 1937. Il s\’installe à San Ignacio en pleine forêt tropicale où il s\’essaiera à plusieurs exploitations, dont celle du coton. Fasciné par la forêt, toute son œuvre en porte l\’empreinte, celle de la folie et de la violence. Considéré comme le maître de la nouvelle latino-américaine, il est l\’égal de Maupassant pour le post-naturalisme et celui de Villiers de l\’Isle-Adam pour les inventions cruelles. Le chant de la mélancolie de la mort envahit ses récits, d\’une beauté exceptionnelle, où perce la vulnérabilité de l\’existence.

Extraits de diverses nouvelles du recueil :

Me permettez-vous de revenir un autre jour ? Je vis seul, j’ai peu d’amis et votre compagnie est pour moi désormais trop précieuse pour que je ne souhaite pas vous compter parmi eux.
– J’en serais enchanté, monsieur Rosales, et je m’inclinai.
Un instant plus tard, l’étrange personnage prenait congé de moi.
Oui, très étrange. Un homme cultivé, très fortuné, sans patrie ni amis, consacrant son temps à des expériences plus étranges que son existence même ; tout en lui ne pouvait qu\’exciter ma curiosité. C’était peut-être un fou, un fugitif, un hors-la-loi ; mais il possédait assurément une grande force de volonté… Et pour les êtres qui vivent à la frontière de la raison, la volonté est l’unique sésame qui puisse leur ouvrir les portes éternellement closes de l’interdit.
(Extrait issus de la deuxième nouvelle : Le vampire).

Mais quand ? À quel instant, à quelle seconde cette conscience exacerbée d’être encore en vie cédera-t-elle la place à un paisible cadavre ?
Le lieu est désert ; nul sentier ne mène jusqu’ici. Sur l’homme assis par terre, comme sur le tronc qui le soutient, les pluies s’abattront, détrempant écorce et vêtements, et le soleil séchera lichens et cheveux jusqu’à ce que la végétation repousse, amalgamant arbres et potasse, os et cuir des chaussures.
(Extrait de la 3ème nouvelle : Les mouches)

Hommes, femmes, enfants, bébés, présidents et désaxés en tout genre : méfiez-vous des psychiatres et des policiers. Ils exercent un contrôle mental sur l’humanité et ils sont payés pour ça : ayez l’œil ! (Extrait de la 4ème nouvelle : Le conducteur du rapide).

Lorsque l’être humain, faible, nu et sans griffes, eut dominé les autres animaux grâce à son intelligence, il commença à craindre pour le destin de son espèce.
(Extrait de la 7ème nouvelle : La demoiselle lionne.)

Et jamais non plus on n’a imaginé semblable torture que celle d’une amoureuse qui voit enfin céder l’homme pour lequel elle s’est tuée, et qui ne peut courir, éperdue, se jeter dans ses bras, ni le regarder ni même revenir vers lui, car elle et son amour ne sont plus qu’un spectre photographique !
(Extrait de la 8ème nouvelle : Le puritain.)

– Ton âme est pure comme un lis, m’a dit un jour ma tante. Mais ton destin est plus sombre : rendre les hommes fous.
– Mais qu’y a-t-il en moi, ma tante ! me suis-je exclamée au bord des larmes. Je n’ai rien d’une provocatrice !
– Bien au contraire ! C’est parce qu’il n’y a pas en toi la moindre pointe de provocation que tu es attirante comme l’abîme. Les hommes ne sont pas si bêtes.
(Extrait de la 10ème nouvelle : La belle et la bête.)

Oh, oui ! Je veillais sur elle, vous pouvez me croire, comme si mon existence et celle du monde entier n’avaient désormais plus d’autre destin ni but que le bonheur de ma fille. Que de rêves heureux n’ai-je imaginés pour elle, mon enfant endormie dans mes bras que je ne me décidais pas à coucher ! Qu’il me semblait léger le sacrifice de ma fatigue, s’il pouvait transmettre à ce petit corps ce qu’il me restait de vie !
(Extrait de la 5ème nouvelle : L\’appel).

On ne gagnerait rien à voir la couleur de son visage et l’angoisse dans ses yeux. Cet homme n’a pas encore appelé son fils. Son cœur hurle le nom de son enfant, mais sa bouche reste muette. Il sait que prononcer son nom, l’appeler à voix haute, serait l’aveu de sa mort.
(Extrait de la 6ème nouvelle : Le fils.)

Verdict :
Le recueil Au-delà est constitué de onze nouvelles dont je vous ai mis quelques extraits au dessus afin que vous cerniez le style de l’auteur.
Tout n’est pas parfait, mais comme dans tout recueil il y a du bon et du moins bon, heureusement ici on penche vers le bon, voir quelques très bonnes histoires.

J’ai particulièrement aimé les histoires de “La belle et la bête”, “Le puritain” et “Le fils”, qu’il ne faut pas louper, il serait vraiment dommage de ne pas lire au moins ces 3 histoires.

On ressent que Quiroga avait un esprit torturé, il a vécu en pleine forêt amazonienne et c\’était une des grandes sources d’inspiration de ses histoires, il nous emmène dans des contes entre fantastique et horreur avec pas mal de romances impossibles. Ces histoires peuvent paraître assez banales au final il n’en est rien, on passe par une palette très large de sentiments différents, elles ont un autre point fort, et pas des moindres, elles ont quasiment toutes une chute super glauque ou angoissante, ces fin de nouvelles sont particulièrement travaillées et font souvent leur effet.

Certaines nouvelles m’ont laissé de marbre, mais si peu que cet argument n’a pas pu me détourner de l’auteur duquel j’ai également lu un autre recueil depuis, qui se nomme “Contes d’amour de folie et de mort” (édité chez Points poche, 2013) et qui m’a également bien plu, toujours aussi glauque et effrayant.
Je compte bien lire son recueil “Anaconda” prochainement (qui contient la nouvelle “La poule folle” qui est géniale), vu qu’il attend dans ma PAL depuis quelques temps déjà.
Je pense que c’est un auteur classique qui mériterait d\’être un peu plus connus, au même titre qu’un certain Edgar Allan Poe par exemple.

Pour info vous pouvez trouver les nouvelles de Mr Quiroga au détail et à petit prix, moins de 1€ la nouvelle, et même certaines gratuites sur les plateformes de ventes d’ebooks. Un bon moyen de découvrir l’auteur.

 Ma note 7/10
⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️◽️◽️◽️

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