Tokyo – Mo Hayder




Titre : Tokyo
Auteur : Mo Hayder
Genre : Polar, thriller
Édition : Pocket, février 2007
Format : Poche, 480 pages
Distinction : Grand Prix littéraire des lectrices de ELLE

Présentation de l\’éditeur :
Quand Grey débarque à Tokyo sans argent ni bagages, elle a beaucoup à prouver et encore plus à cacher. Rapidement, elle trouve un toit et un emploi dans un club à hôtesses très privé. Ses clients ? Des yakuzas et un étrange infirme accompagné d\’une nurse à la silhouette monstrueuse…
Le but de ce voyage : retrouver un mystérieux film à l\’existence contestée datant de l\’invasion de la Chine par les Japonais. Un seul homme pourrait
aider Grey. Un survivant du massacre qui refuse de répondre à ses questions…

À propos de l\’auteur :
Fille d\’universitaires anglais, Mo Hayder est née à Londres. À 16 ans, en 1978, elle quitte brutalement sa famille et exerce divers petits emplois avant de partir au Japon, à l\’âge de 25 ans, où elle réside pendant deux ans. Attirée par le cinéma d\’animation, elle s\’installe à Los Angeles pour y entreprendre des études de cinéma. De retour en Grande-Bretagne, Mo Hayder décide alors de se consacrer à l\’écriture. Elle fréquente les milieux policiers, les médecins légistes, et met deux ans à écrire Birdman à partir de notes prises sur le terrain. Avec ce premier roman, elle fait une entrée très remarquée dans le monde du thriller. Suivra L\’homme du soir (2002), mettant également en scène l\’inspecteur Jack Caffery.

Plus récemment, Tokyo, publié aux Presses de la Cité, a été le lauréat du Prix SNCF du Polar européen, ainsi que du Prix des lectrices de ELLE.

Extrait 1 :
Mon moi onirique crut d\’abord qu\’il s\’agissait d\’un chat, jusqu\’au moment où l\’écran fut arraché avec un grincement de métal par une masse lourde comme une boule de bowling qui roula dans ma chambre. Je plissai les yeux et vis que c\’était un bébé. Il gisait au sol, sur le dos, et pleurait en agitant les bras et les jambes. Je crus, l\’espace d\’un merveilleux instant, que c\’était ma petite fille, qu\’elle avait enfin réussi à traverser les continents pour me retrouver, mais à la seconde où j\’allais lui ouvrir mes bras, le bébé bascula sur le côté et se jeta aveuglément sur moi. Je sentis un souffle chaud, une langue minuscule me lécher la plante du pied. Puis, à une vitesse atroce, ses mâchoires gluantes se refermèrent sur mes orteils.
Je quittai le lit d\’un bond, secouai, frappai, lui empoignai la tête et tentai de lui desserrer les mâchoires, mais le bébé s\’accrochait, grondant, mordant, secoué de soubresauts rageurs, la bave aux lèvres. Je réussis enfin à lui décocher un coup de pied qui le catapulta contre le mur ; avec un cri rauque, il se perdit dans une ombre qui descendit jusqu\’au sol et s\’échappa par la fenêtre. Au moment de disparaître, le bébé lança, d\’une voix qui semblait être celle de Shi Chongming : « Que ne ferait pas un homme pour vivre éternellement ? Que ne mangerait-il pas ? »

Extrait 2 :
Un énorme insecte ailé jaillit sous mes pieds, pivota sur lui-même comme un oiseau mécanique, s\’arracha en ronronnant de la touffeur et monta vers mon visage. Je reculai d\’un pas pour l\’esquiver, renversant un peu de thé sur le plateau laqué, et le suivis des yeux tandis qu\’il montait en spirale au ras de mon visage et encore plus haut, cristallin et mécanique, clac-clac-clac, jusqu\’aux branches. Il se posa au-dessus de moi, gros comme un roitelet, déploya ses ailes châtaigne et fit entendre le petit bourdonnement électrique que j\’avais pris pour un climatiseur. Je le contemplai avec émotion. Le semi-no-koe du poète Basho, pensai-je. Le chant des cigales. Le premier son du Japon.

Verdict :
Ce thriller est tout simplement très bon, d\’une qualité irréprochable, on est tenu en haleine de bout en bout dans une histoire sordide et disons-le assez flippante et macabre, attention ne vous attendez pas à un rythme effréné, ceux qui n\’aiment pas la lenteur n\’apprécieront pas forcément ce polar, nous somme ici dans l\’extase des descriptions avec une ambiance lente et pesante.

La lecture se passe sur deux périodes (actuelle autour des Yakuza et en 1937 en plein conflit Sino-Japonais).
L\’un et l\’autre finissent par s\’imbriquer de façon tout à fait inattendue.

Certains personnages sont assez bizarre, notamment la narratrice de l\’époque actuelle qui a pas mal de soucis psychologiques, entre obsessions et naïveté, mais aussi le personnage se nommant la Nurse qui est juste impressionnante, c\’est un personnage marquant que l\’on oubliera pas de si tôt même longtemps après avoir refermé le livre, une personne aussi attirante que repoussante, aussi intrigante qu\’invisible, une prestance effacée.

Les lieux de l\’intrigue sont tous atypiques, presque envoûtants, le fin mot de l\’histoire à de quoi effrayer plus d\’un lecteur.

Un excellent moment de lecture.

Coup de cœur ❤️
 Ma note 9/10
⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️◽️

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